Hélène Poirier entourée de ses employées Elena Polisena et Pamela Tremblay (photo prise en novembre 2013)

Hélène Poirier entourée de ses employées Elena Polisena et Pamela Tremblay
(photo prise en novembre 2013)

Je connais Hélène Poirier depuis cinq ans. Elle est un bel exemple de leadership féminin. Cette femme aux yeux brillants et à la présence chaleureuse est entrepreneure et mère de trois enfants, dont un adorable garçon de presque quatre ans. Elle est propriétaire d’une licence de la boulangerie-pâtisserie Les Moulins Lafayette qui se trouve à l’Île-Perrot. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de discuter avec elle de nos passions et de nos enfants. Et chaque fois que je lui parlais, elle me transmettait son énergie et sa joie de vivre contagieuses. Visiblement, dans son cas, les affaires se portaient à merveille et elle semblait vraiment épanouie sur le plan personnel. J’ai voulu donc l’interviewer pour découvrir quels étaient les secrets de sa réussite.

*********

Inès Mahjoub (IM) : Hélène, je sais que tu as vécu une transition de carrière, aimerais-tu m’en parler un peu?

Hélène Poirier (HP) : Oui, bien sûr. À l’époque, je travaillais dans les ressources humaines. J’étais agente à la formation chez Quantum, et j’ai fait cela pendant dix ans. Mon travail m’amenait à passer beaucoup de temps sur la route et ce n’était pas facile. Mon horaire était chargé, mes enfants étaient jeunes. Mon mari a eu une offre de travail en Angleterre. Je suis donc arrivée en Europe sans travail. Comme j’ai toujours voulu avoir ma propre entreprise, j’ai suivi des cours sur l’entrepreneuriat et la cuisine. Je suis même allée en France et en Italie pour nourrir ma passion sur la cuisine. Lorsque nous sommes revenus à Montréal, j’ai repris mon ancien poste. Cependant, les choses avaient changé. Je voulais vraiment avoir ma « business » et la cuisine me manquait. J’ai alors démissionné et j’ai commencé à faire des recherches jusqu’à ce que je décide de gérer une licence d’une pâtisserie-boulangerie appelée Les Moulins Lafayette. Cela va faire six ans que je travaille ici et je suis très heureuse.

IM : Comment te sens-tu par rapport à ta transition de carrière et de vie?

HP : Je suis vraiment contente maintenant. Par contre, les deux premières années étaient très difficiles. J’ai travaillé sept jours sur sept. Je ne comptais pas mes heures. Mais comme j’aime ce que je fais, ça allait. Au bout de la troisième année, j’ai dû diminuer mes heures de travail, car ma sœur a été malade. Elle a mis au monde un petit garçon, Colin, et peu de temps après, elle nous quittait. J’ai donc effectué des démarches pour l’adopter. Mes enfants avaient 17 et 18 ans, quand nous avons accueilli Colin dans notre famille. C’était un grand prématuré. Cet événement m’a obligée à prendre du recul, et j’ai donc délégué certaines tâches. Aujourd’hui, grâce à l’équipe qui m’entoure, je travaille de trois à quatre jours par semaine et je réserve une journée pour accomplir des tâches administratives, à partir de la maison.

IM : Hélène, ton entreprise accueille des étudiantes qui viennent y travailler quelque temps avant de poursuivre un autre chemin. Comment fais-tu pour créer l’incroyable ambiance de travail qui règne chez Les Moulins Lafayette?

HP : Dès l’embauche, je dis à la candidate que j’ai créé cette entreprise pour moi avant tout et que je fais mon métier par passion. Je précise que je préconise une communication franche et directe et je veux que les gens soient inclusifs et non exclusifs. Dès que je vois que les choses dérapent un peu, on se parle et on fait des réunions pour mettre les choses au clair.

IM : Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir entrepreneur, comme toi, et réussir?

HP : Je pense que dans le cas des petites entreprises, le problème est qu’il n’y pas de procédures claires, car tout est fait « maison » et chacun y va avec sa façon de faire. Dans mon cas, j’ai pris le temps nécessaire pour écrire toutes les procédures et les afficher bien en vue afin que, par exemple, l’employée qui entre au travail à 16 h sache exactement ce qui lui reste à faire (et ainsi de suite pour les autres employées qui ont des quarts de travail différents).

La réussite d’une petite entreprise dépend de la qualité de la communication entre l’employeur et les employés. Il faut également encourager l’esprit d’initiative. Par exemple, Elena, mon employée, est chocolatière. Elle m’a proposé de faire un nouveau type de chocolat chaud, sans poudre. Il s’agit de bâtonnets surmontés d’une boule de chocolat belge tricolore (noir, au lait et blanc) qui, une fois plongée dans un verre de lait chaud donne un chocolat chaud de qualité supérieure.

IM : Qu’est-ce que tu aimerais ajouter avant de terminer?

HP : J’aimerais dire que l’apport du conjoint est très important. Je n’aurais jamais réussi à faire ce que j’ai fait sans l’appui et l’aide de mon mari, Patrice. Lorsque Colin est arrivé dans notre vie, Patrice a pris six mois de congé sabbatique, car je ne pouvais pas m’absenter du travail. Il a été très présent auprès des enfants. Donc, oui, il faut bien s’entourer pour réussir, et également aimer les gens et nos employés.

Elena Polisena et sa magnifique création chocolatée.

Elena Polisena et sa magnifique création chocolatée.

À vous la parole maintenant.

Qu’est-ce qui vous a le plus touché dans ce témoignage?

De quelle façon l’histoire d’Hélène vous servira-t-elle dans le cadre de votre vie professionnelle et personnelle?

J’ai hâte de vous lire, et bon succès dans tout ce que vous allez entreprendre.